Les intermittents organisent  une vague coordonnée  d’occupations de théâtres

Les intermittents organisent  une vague coordonnée  d'occupations de théâtres

« Une vague coordonnée d’occupations de théâtres »

Dans un communiqués signé par les occupants de la Comédie Française qui se définissent comme « intermittent-e-s, précaires, étudiant-e-s, salarié-e-s, nuit deboutistes, zadistes, chômeur-se-s, postier-e-s » évoquent une « vague coordonnée d’occupations de théâtres en cours » qui touche désormais, outre la Comédie française, les Théâtres Nationaux de l’Odéon et de Strasbourg, les centres dramatiques nationaux de Bordeaux, Caen, Lille et Montpellier.

Ils appellent ensuite à une action encore plus forte. « Cette détermination dont nous avons fait preuve jusqu’ici montre que nous sommes prêts à nous organiser ensemble pour la journée du 28 et la suite : seule la grève générale reconductible fera plier le gouvernement. »

Phèdre(s) annulé et Lucrèce Borgia annulés à Paris

La représentation de la pièce Phèdre(s) avec Isabelle Huppert, programmée mardi 26 avril, a été annulée en raison d’« un appel » des intermittents « à perturber » le spectacle, a annoncé dans un communiqué le Théâtre de l’Odéon, « qui refuse de jouer sous la protection des forces de l’ordre ».

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Pourquoi les intermittents du spectacle se mobilisent-ils ‘

« A l’initiative de plusieurs organisations et de la Coordination nationale des intermittents du spectacle, un appel à manifester mardi 26 avril devant l’Odéon et à perturber la représentation de Phèdre(s) a été lancé », explique la direction du théâtre. « Nous avons demandé à prendre la parole avant le début de la représentation, mais cela nous a été refusé », ont de leur côté fait savoir les intermittents, qui contestaient avoir lancé un appel à perturber la représentation. Le Théâtre de l’Odéon a démenti de son côté avoir refusé de donner la parole aux intermittents au début de la représentation.

Une cinquantaine de personnes (intermittents, étudiants et participants au mouvement Nuit debout) ont aussi investi la Comédie-Française, entraînant l’annulation de la représentation programmée, Lucrèce Borgia.

Pourquoi ce mouvement des intermittents

Les intermittents du spectacle mènent cette semaine des négociations internes à la profession cruciales pour leur régime spécifique d’assurance-chômage. Un accord doit être transmis à l’Unedic avant jeudi 28 avril.

Les artistes et les techniciens du spectacle bénéficient de règles spécifiques d’indemnisation du chômage, maintes fois critiquées pour leur coût. Le déficit de ce régime atteint environ 1 milliard d’euros chaque année, soit environ un quart du déficit général.

Un cadrage financier, proposé le 24 mars par la partie patronale et signé par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC (syndicats minoritaires dans le spectacle) impose un effort global de 185 millions d’euros d’économies en année pleine d’ici à 2018 aux intermittents, mais suggère que l’Etat en compense une partie, à hauteur de 80 millions.

Des conditions jugées « inacceptables » par la CGT et la Coordination des intermittents et précaires (CIP) qui font planer la menace de perturbations des prochains festivals.

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